On appelle station un point topo et série une suite de visées consécutives entre les points topos.
L'usage est d'adapter au mieux les séries à la morphologie des conduits, afin qu'une série corresponde à une galerie.
Les points topo d'une cavité sont définis par deux numéros : le numéro de série et le numéro de station (dans cette série); par exemple : le point topo 2/5 sera la station 5 de la série 2.
Les stations d'une série seront numérotées, sans discontinuité, dans l'ordre croissant. (C'est dans la pratique la méthode la plus facile et la moins problématique. Qui peut donner un nom à chaque station et ensuite s'en souvenir ?).
A chaque station on peut joindre un commentaire.
Si le point initial d'une série ne correspond pas à un point d'une série déjà mesurée, ce point recevra le numéro de station 0, sinon il conservera la notation déjà attribuée.
Les séries seront numérotées dans l'ordre croissant, la première série portera le numéro 1.
Normalement, dans la pratique, les séries seront numérotées dans l'ordre de leur mesure. Pour les réseaux complexes on attribue des tranches de numéros de série à des sous-ensembles particuliers (zones).
En plus de son numéro d'identification, une série pourra recevoir un nom, qui sera considéré par l'ordinateur comme un commentaire. Ceci est facultatif mais il est fortement recommandé de nommer toutes les séries importantes de manière conséquente, typiquement avec le nom de la galerie. Car on se souvient bien mieux des noms.
Le concept des séries, d'abord dénigré par quelques topographes sceptiques qui y voyaient une chicane informatique, a parfaitement fait ses preuves. Il diminue le danger de confusions topologiques, qui apparaissent facilement sinon, lors de numérotation ad hoc et sans vue d'ensemble, et devenant ainsi très difficiles à localiser.
Comme les grottes sont de toute façon topographiées par traites, la numérotation correspondante par séries s'impose par rapport à une désignation individuelle des points de mesure.
Il est de plus possible de définir de manière consistante la section d'une série, et par là de donner l'enveloppe schématique des parois. Pour des segments de mesure particuliers, il serait beaucoup plus difficile d'en donner une définition utilisable : dans quelle direction a-t'on mesuré la largeur et la hauteur, et comment en établir une enveloppe interconnectée ?
Du reste: une identification des visées pariculières par deux abbréviations numériques ne serait pour l'ordinateur aucun problème. Mais pour les explorateurs, il en résulterait un jeu d'assemblage de dipôles, ennuyeux en diable, et qui ne procurerait même pas de plaisir aux amateurs de mots-coisés.
Mais : une série ne doit pas contenir un point topo déjà défini dans une autre série à l'exception d'un point terminal ou d'un point initial. En d'autres termes :
les séries ne doivent pas se croiser.
faux: : juste
faux: : juste
Une galerie peut aussi être topographiée au retour (en direction de l'entrée) (voir par exemple la série 2 dans la figure). La série commence sur elle même (ex : série 6, point 6/0) et finit sur une autre série. Elle peut par exemple se connecter avec son point terminal à une série voisine ou jonctionner avec le point d'origine ou le point terminal d'une série non fermée.
Chaque série peut, par son point initial ou terminal, se rattacher à une autre série. Et ainsi de suite, de telle manière que toutes les séries soient reliées, directement ou indirectement, à l'entrée de la grotte.
S'il existe pour les jonctions plusieurs possibilités de branchement (croisement de plusieurs galeries), alors il faut toujours employer le premier point défini. Donc celui auquel les autres sont aussi connectés (en général, ne pas choisir comme point de branchement un point déja lui-même premier point de série).
Dès que possible, on fermera la boucle en cours, car chaque recoupement accroît la possibilité de détecter les erreurs grossières.
Une visée relie deux points successifs; elle se termine au point topo (station) dont elle porte le numéro.
Elle est définie par sa longueur, sa direction et son inclinaison.
Nous devrons aussi donner l'unité et la précision des mesures ainsi que la déclinaison magnétique (lors de changement de celle-ci seulement, non pas à chaque visées).
Les largeurs et les hauteurs ne doivent pas être mesurées de manière rigide (exemple : éviter les mesures toujours en milieu de plafond ; elles doivent caractériser au mieux la section à l'endroit de la mesure (pour autant que cela soit possible par un rectangle).
les largeurs seront mesurées, pour une station, à
l'horizontale et sur la bissectrice des deux tronçons
précédant et suivant ce point topo.
Rappel : la bissectrice est la direction qui coupe en deux angles
égaux l'angle formé par les deux visées arrivant au et
partant du point topo; bi-sect : couper en deux.
Afin de pouvoir déterminer la direction dans laquelle les largeurs ont été mesurées dans les puits, on fournira aussi la donnée de l'azimut pour les tronçons verticaux. On pourra, par exemple, choisir la valeur moyenne de l'azimut du tronçon précédent et du suivant, valeur à partir de laquelle on déterminera les largeurs.
Pour déterminer la section d'un point initial ou terminal d'une série, on prolongera en pensée la galerie en direction de ce point et on déterminera les largeurs perpendiculairement à la direction de la visée.
Lorsqu'une galerie débouche sur une autre, les mesures seront prises de telle façon que le résultat décrive la coupe transversale du prolongement imaginaire de cette première galerie .
A un croisement, la section sera donnée de manière imaginaire dans le prolongement de la galerie.
Choisis si possible des points de mesure, de façon à ce que les largeurs des stations ne se croisent pas. Sinon dans la représentation graphique cela créera des effets indésirables (noeud dans les parois).
Les hauteurs sont normalement mesurées sur la verticale.
Attention aux dimensions dans les puits : leur profil se transforme facilement en caricature !
La forme du puits sera mieux rendue si l'on introduit quelques points topo supplémentaires bien choisis. C'est pourquoi, dans les puits, il sera préférable de déterminer les hauteurs en direction de la bissectrice de l'inclinaison des deux tronçons de mesure, et perpendiculairement aux largeurs.
La définition d'un angle limite permet de spécifier laquelle
des méthodes est utilisée :
si la valeur absolue de l'inclinaison de la bissectrice est plus grande que
l'angle limite, les hauteurs sont mesurées verticalement. Pour toporobot,
il faut indiquer cet angle limite chaque fois qu'il a été
modifié.
Angle limite
Définition:
Valeurs des mesures pour une visée :
A celà s'ajoutent les informations complémentaires suivantes :
La station 0 ne comporte par définition que la section et a une longueur 0.00.
En utilisant des valeurs spéciales de l'angle limite de la hauteur nous pouvons rendre invisible des tronçons de galerie ou supprimer des visées.
(Vois les explications dans les paragraphes sur le code et l'exploration en pleine expé 2)
L'entrée a toujours le numéro de station 1/0.
En outre, une grotte est définie par un nom et un numéro de cadastre.
La précision des mesures diminue lors de visées très inclinées ; il est alors préférable d'effectuer les mesures en escalier. Eviter si possible les mesures acrobatiques, moins précises.
On évite les erreurs de position et de numérotation, ainsi que les erreurs de relation entre les séries, en marquant discrètement l'emplacement des stations ou, au moins, des points de jonction: par exemple à la laque à ongles
Il est recommandé de prendre au moins une première visée à l'entrée de chaque galerie adjacente à topographier ultérieurement. Ce départ de galerie apparaîtra ainsi sur le plan schématique. De plus, en indiquant à l'ordinateur les obstacles rencontrés et les chances de continuation, il sera à même de dresser une liste des objectifs répartis selon leur situation ou selon les difficultés rencontrées. Cette synthèse servira de support à la préparation des explorations futures.
Un quadrillage millimétré au verso est destiné à recevoir les esquisses des galeries en plan et en coupe. Dans la colonne «remarques» peuvent figurer les dessins des coupes typiques de la galerie.
Bien entendu il est nécessaire que la prise de notes soit effectuée de façon complète, lisible et claire. Un cahier topo de format A6, très pratique à transporter, se fabrique facilement avec quelques feuilles pliées en deux et fixées entre deux plaques de plastique rigide. Les feuille de mesure Syntosil se prêtent particulièrement bien à ce travail. Il est possible de se procurer de telles feuilles ( résistantes à l'eau ) auprès du T.U.G. Une pâle (et fragile !) copie se trouve ici.
Le tableau de report est organisé selon le même ordre de notation que celui utilisé dans le programme de saisie. Chaque ligne de ce tableau comprend les cases pour noter : Dans la colonne «remarques» peuvent aussi figurer les dessins des coupes typiques de la galerie.
Un quadrillage millimétré au verso aide à dessiner à l'échelle le développement des galeries en plan et en coupe.
En prenant les dimensions des sections de la galerie aux différentes stations, il faut penser qu'elles serviront de guide lors de mise au net des dessins. En effet l'ordinateur fournira plus tard une esquisse des contours de la galerie calculée d'après les dimensions introduites.
Après la sortie topo il est recommandé de traiter les données le plus rapidement possible (et ne pas attendre la prochaine période de mauvais temps ! ). En effet, si le traitement de la spéléométrie n'a pas vraiment caractère d'urgence, il n'en va pas de même pour les détails relatifs à l'habillage de la topographie. Le croquis effectué en cavité servant essentiellement d'aide mémoire, nombre de détails, qui sont portés sur le dessin final, sont en fait le fruit des souvenirs du spéléologue. La mémoire humaine étant sensible au temps, il est nécessaire de procéder rapidement au report de ces données sur le plan même de la cavité.